Test de jeu / Wii / Silent Hill : Shattered Memories

- publié le 5 mars 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :04/03/2010
- Développeur :Climax
- Distributeur :Konami
- Thème :Horreur
- Genre :Survival Horror
Alors que la série semble quelque peu en perte de vitesse depuis que l’équipe originelle, la Team Silent, n’est plus, Silent Hill tente un retour en force aujourd’hui avec cette mouture Wii de Silent Hill : Shattered Memories. Et quelle meilleure idée pour renouer avec l’amour des fans pour les débuts de la série que de se replonger dans le premier épisode, celui qui a permis à un véritable mythe de naître ? S’il n’est pas toujours bon de remuer les fantômes du passé – et surtout de s’attaquer au remake de grands classiques du jeu vidéo – le studio Climax réussit ici un savant tour de passe-passe permettant à la saga de s’offrir une seconde jeunesse. Plongeons ensemble dans un univers tortueux et torturé, dans les sombres ruelles de Silent Hill. « Welcome back to Silent Hill… »Lors de l’annonce du développement de ce Silent Hill : Shattered Memories sur Wii (des versions PlayStation 2 et PSP sont également disponibles, mais le titre a été pensé en priorité pour la console de Nintendo), le cœur des joueurs était partagé entre deux sentiments complètement antagonistes. D’un côté, la joie et l’euphorie de retrouver un nouvel épisode d’une série qui a su, au fil des années, se forger une solide réputation dans le monde du survival horror, tout en s’écartant des clichés traditionnels du genre. De l’autre, l’appréhension de voir apparaître un nouvel épisode moyen, complètement décalé par rapport à ce qu’est vraiment la série, comme ce fût le cas pour le récent Silent Hill Homecoming. Fort heureusement, les joueurs ont rapidement pu se réjouir de voir que c’est le studio Climax qui s’était vu chargé du développement de cet opus, après avoir fait ses premières armes sur Silent Hill Origins. Un premier gage de qualité, diront certains. L’autre point essentiel qui pèse dans la balance réside au niveau du scénario de cet épisode : les développeurs ont fait le pari, osé mais astucieux, de proposer un remake du tout premier épisode de la saga Silent Hill.

Le joueur incarne donc un Harry Mason déboussolé, tout juste victime d’un accident de voiture et complètement sonné. Une fois revenu à lui, celui-ci se rend compte que sa petite fille, Cheryl, a disparu. Il se met aussitôt à sa recherche en arpentant les rues de la très froide ville de Silent Hill. Une situation bien connue des fans du premier opus donc, mais c’est à peu près tout ce que ce Shattered Memories a en commun avec son aîné. Les développeurs ont en effet tenu à proposer une aventure complètement différente et se sont donc éloignés assez considérablement du modèle originel, que ce soit dans la conception du jeu en lui-même ou de sa réalisation graphique. Ainsi, alors que nous plongions en 1999 dans un univers fait de métal et de feu, les équipes de développement ont cette fois décidé d’opter pour une ville plongée sous la neige et la glace. Un opposé radical qui sublime pourtant tout aussi bien, si ce n’est mieux, le sentiment de solitude et d’égarement que souhaite véhiculer le jeu. Car plus qu’un jeu d’horreur, Silent Hill : Shattered Memories est avant tout un titre axé sur la psychologie de son personnage principal, livré à lui-même dans une ville qu’il ne reconnait plus et animé par le seul objectif de retrouver sa fille disparue. En ce sens, ce « nouvel » épisode de la série tranche là aussi radicalement avec son modèle sorti sur PlayStation première du nom. A l’époque, l’histoire du soft était plutôt centrée sur les événements mystérieux qui se passent à Silent Hill, tandis que la version de Climax met en avant la peur, les doutes et l’incompréhension de Harry.
Un opus tellement axé sur la psychologie que tout l’aspect narratif a été complètement revu, lui aussi. L’histoire ne commence donc pas à Silent Hill directement, mais plutôt après tous ces événements, dans le cabinet d’un psychiatre souhaitant remettre de l’ordre dans les idées du héros. Le retour à Silent Hill se fait ainsi par le biais de flashbacks fort bien inscrits dans le dialogue qu’il existe entre le psy et le joueur. Mais plus que de petits intermèdes aux scènes classiques, ces passages sur le canapé du docteur sont surtout l’occasion de s’essayer à divers petits tests qui permettront de modifier l’expérience de jeu. Ainsi, diverses questions sont posées au début de la partie, ce qui influera sur certaines rencontres que l’on fera en cours de partie. Ainsi, si l’on déclare être fidèle en amour, Cybil la policière sera une brune plutôt sèche et pas franchement aimable. Au contraire, si on répond l’inverse, l’officier sera alors incarnée par une ravissante blonde à forte poitrine. De la même manière, les couleurs utilisées pour faire un dessin décideront de l’apparence de la maison du héros au cours de l’aventure, etc. Et il ne s’agit là que de deux petits exemples parmi de nombreux ! De quoi vivre son aventure pleinement de plusieurs façons différentes, et il faut avouer que c’est réellement plaisant. On pourra toutefois regretter que ces choses ne relèvent que de l’ordre du détail et que l’influence réelle sur l’aventure est moindre. Néanmoins, cela fait en sorte que bon nombre de joueurs se laisseront tenter pour replonger dans l’aventure une seconde fois après avoir bouclé le jeu. Une aventure qui ne devrait pas occuper les gamers plus d’une petite dizaine d’heures. Un peu léger, diront certains…
Toutefois, il faut reconnaître que les développeurs ont réussi un travail remarquable pour faire de cette dizaine d’heure une expérience pleinement satisfaisante. Le gameplay a ainsi été pensé entièrement pour le combo Nunchuk/Wiimote et c’est un véritable bonheur de maniabilité. Si Harry se déplace à l’aide du stick analogique, la Wiimote sert pour sa part de lampe-torche dans le jeu, et rarement un titre n’aura donné autant l’impression de contrôler à la perfection et de façon totalement naturelle les mouvements de son héros. Un excellent point. L’autre aspect primordial qui a été modifié par rapport à l’épisode premier réside dans le fait qu’aucun combat ne sera de la partie tout au long de l’aventure et qu’il faudra préférer la fuite à l’affrontement lorsque d’étranges créatures – pas franchement convaincantes graphiquement parlant, au passage – feront leur apparition. Durant ces passages pendant lesquels Silent Hill se glacera totalement, Harry devra fuir le plus vite possible pour éviter d’être pris au piège. Un seul objectif alors : rejoindre au plus vite l’élément entouré d’un faisceau bleu le plus proche, symbole d’un espoir de survie. Et là encore, on en peut que saluer le talent des développeurs tant ces scènes sont stressantes et crispantes. Chaque couloir devient ainsi un véritable calvaire psychologique, un véritable bonheur d’horreur. Dément. On regrettera simplement les problèmes d’ordre technique durant ces phases, comme une course un peu rigide de l’ami Harry et des saccades qui viennent pointer le bout de leur nez un peu trop régulièrement. Les moins chanceux auront même le droit, lors de rares moments, à des images figées le temps de quelques instants. Il faut reconnaître que l’on aimerait ne plus voir ce genre de choses désagréables dans les jeux à notre époque…

A côté de ça, on peut noter un effort incroyable pour intégrer complètement les divers menus dans le jeu. Aucun affichage ne vient gêner le jeu, et tout passe ainsi par le téléphone portable du héros que l’on peut « dégainer » à tout moment. On pourra s’en servir comme d’un GPS bien utile par moments, mais aussi comme appareil photo pour faire quelques clichés, notamment, d’esprits qui rôdent et arpentent les rues de Silent Hill. L’occasion ainsi d’en apprendre un peu plus sur les événements étranges qui se sont passés ici, même si cela n’apporte concrètement pas grand-chose au scénario. Autre point vraiment classe : la Wiimote qui fait office de téléphone. Elle pourra ainsi retentir à tout moment pour recevoir d’étranges coups de fil ou encore grésiller pour annoncer un danger imminent. Diablement bon.
Techniquement, le jeu tient clairement la route et si l’on est bien sûr à des années lumière de ce que l’on peut voir sur consoles de haute définition, les graphismes de ce Silent Hill : Shattered Memories parviennent sans trop de mal à convaincre. Les effets de lumières sont vraiment bluffants et on prend beaucoup de plaisir à faire aller et venir sa lampe-torche sur les éléments du décor pour découvrir des jeux d’ombres vraiment bien fichus. Un très, très bon point qui renforce énormément l’ambiance du jeu. Côté bande-son, c’est toujours Akira Yamaoka qui s’y colle avec des thèmes qui ne surprendront pas les habitués de la saga. Classique, mais toujours aussi efficace, d’autant plus que tous les bruitages que l’on retrouve dans le jeu apportent un cachet indéniable au soft. Comment ne pas s’extasier en entendant les célèbres grésillements de la série, faisant monter peu à peu le stress et la peur dans l’esprit du joueur ? Excellent.
• Un " remake " réussi
• Graphiquement très bon
• Les diverses possibilités offertes
• Un gameplay parfois rigide
• Quelques ralentissements à noter
• Des ennemis pas très beaux à voir !
Verdict
En définitive, ce Silent Hill : Shattered Memories est une véritable bouffée d'air pour la série. Avec ce remake du premier opus, les développeurs de Climax ont accompli un travail remarquable afin de transformer complètement l'aventure sans la dénaturer. Dôté d'un gameplay aux petits oignons, d'une ambiance incroyable mais aussi d'une réalisation à la hauteur des attentes des joueurs, le titre parvient sans mal à s'imposer comme une référence en matière de survival horror sur la console de Nintendo. Un titre à essayer absolument pour tout fan qui se respecte !
Le Village WF

Graphismes
8 / 10Enfin un jeu qui tient la route graphiquement sur Wii, et Dieu sait s'ils se font rares ! Les effets de lumière sont absolument bluffants, on adore.
Jouabilité
7 / 10Si l'on regrette quelque peu la rigidité de l'ensemble, on ne peut qu'apprécier la gestion de la lampe-torche à l'aide de la Wiimote. Un prolongement naturel du bras vraiment bien pensé.
Son
7 / 10Les thèmes musicaux d'Akira Yamaoka peinent un peu à se renouveler mais permettent toujours de se plonger dans l'ambiance à la perfection. Les bruitages, eux aussi, sont de grande qualité.
Durée de vie
7 / 10L'aventure ne devrait pas occuper les joueurs pendant plus d'une dizaine d'heures, mais les options proposées aux joueurs durant les phases chez le psychiatre peuvent amener à rejouer le tout plusieurs fois.
Fun
8 / 10Replonger dans l'aventure de Silent Hill est un véritable plaisir, et le talent des développeurs de Climax fait que l'on prend un pied indéniable. Une grande, très grande aventure.