Test de jeu / Wii / No More Heroes 2 : Desperate Struggle

- publié le 21 juin 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :27/04/2010
- Développeur :Grasshopper Manufacture Inc.
- Distributeur :Marvelous Entertainment
- Genre :Action
[sommaire]
- Page 1 : Introduction et développement
- Page 2 : Vidéo et conclusion
En 2008, un OVNI déjanté débarquait sur Wii et uniquement sur celle-ci. Un jeu complètement barré, sanglant à souhait, d’une violence jouissive et rempli de références au sexe et au monde nippon. Les hardcore gamers qui possédaient une Wii furent ravis de le découvrir ! La Wii n’allait plus se trouver orpheline au niveau des serious games. Le titre de ce jeu ? No More Heroes. Depuis fin mai 2010, No More Heroes 2 : Desperate Struggle tente de prolonger l’expérience. Alors réussite ou échec ? Réponse tout de suite dans notre test complet.Vous avez demandé Travis Touchdown ? Ne quittez pas...Un petit rappel s’impose pour ceux qui ne connaissent pas la licence. Travis Touchdown est un otaku (une personne qui consacre la quasi totalité de son temps à une activité d'intérieur obsessionnelle) qui a, un beau jour, acquis un sabre laser sur i-baie. Alors accro aux fringues, aux magazines de catch et à une certaine série animée de magical girl, il entreprend de devenir le numéro 1 des assassins de Santa Destroy et exterminera tout sur son passage. Un tueur stylé et aux répliques bien senties est né.
Mais voilà, deux années se sont écoulées et Travis Touchdown n’est plus le « number one » des assassins de Santa Destroy. Nombreux sont ceux qui ont voulu prendre sa place et celui qui est sur la première marche du podium est le patron d’une certaine chaîne de pizzerias. Travis n’en a que faire, jusqu’au jour où son ami Bishop, tenancier d’un vidéo-club douteux, se fait décapiter. Le criminel qui a osé faire ça ? Le numéro 1 des assassins pardi ! C’est à ce moment précis que la belle et un poil déjantée (il faut le dire, quand même) Sylvia refait surface devant notre héros. Elle dirige toujours l’UAA (l'United Assassins Association) et « pousse » Travis définitivement dans l’arène, en lui promettant une séance de Yoga s’il termine premier… Pour l’heure, il va partir de la 50e place. Beh oui, pas de favoritisme, la première place doit être chairement (c’est un jeu de mot, pas une faute de français) gagnée !

I want some blood ! A lot !No More Heroes 2 : Desperate Struggle s’inscrit dans la lignée des serious games. Le scénario est pourtant simple, à savoir combattre avec son sabre, ses prises de catch et terrasser tout ce que l’on pourra sur son chemin. Mais les scènes et les différents aspects du jeu développé par Suda 51 sont d’un style unique sur Wii (et même par rapport aux autres consoles), que l’on pourrait qualifier de « brut de décoffrage ». Oreilles frêles et âmes sensibles s’abstenir. Il suffit de voir comment et où vous pouvez sauvegarder votre partie dans le jeu, à savoir aux toilettes, en baissant votre pantalon et en lâchant un beau paquet cadeau (votre sauvegarde bien sûr). La version européenne, contrairement à la version américaine, bénéficie même d’une monture non-censurée. Faites place à toute la folie de son créateur (les génies sont tous un peu fou) ! Par rapport au premier épisode, la formule change un peu, mais l’esprit reste.
Ainsi dans ce nouvel opus, il n’est plus question pour le joueur de mener Travis et sa moto au travers des rues de Santa Destroy. Ce petit bout de « GTA Like », qui était un peu inutile, du fait qu’il n’y avait absolument rien à voir en cours de route pour aller du point A au point B et qui avait subi de nombreuses critiques de la part des joueurs, a été remplacé par une espèce de menu déroulant. C’est simple et efficace, un petit peu triste quand même, mais bon, ce n’est pas ce qui fait l’intérêt de ce jeu. Si les combats au sabre sont l’essence même du jeu et font avancer la trame scénaristique, les quêtes annexes qui vont permettront de gagner des dollars (et ainsi acquérir de nouvelles armes, par exemple) sont sans conteste un des côtés les plus attrayants du jeu. En effet, le jeu se veut résolument rétro, tant dans son graphisme en cell-shading que dans les mini-jeux en 2D rappelant ceux de nos consoles 8-bit. On adore, on exulte et on prend vraiment plaisir à résoudre les diverses missions qui nous sont proposées. D’un bon vieux tetris-like à un jeu style Pac-man en passant par divers casse-tête : que du bonheur ! Une petite larme de nostalgie pointe même son bout lorsque retentissent les sons et musiques d’antan. On avait pourtant dit que les âmes sensibles devaient s’abstenir… Pour terminer avec la page des missions annexes, sachez que vous pourrez prendre soin de votre chatte Jeane qui a pris beaucoup de poids, à vous de lui redonner une allure svelte qui caractérise les félins. Vous pourrez également jouer à votre jeu de magical girl favori sur la télé. Autant dire que si l’univers japonais vous est totalement inconnu, vous passerez votre chemin. Vous aurez parfois du mal à comprendre certaines références typiques des mangas, telle que le fait qu’un saignement de nez exprime l’excitation.
Veni ! Vidi ! Vici !
Mais revenons à nos moutons. Dans No More Heroes 2 : Desperate Struggle vous devrez abattre de nombreux ennemis avant d’arriver à ce qui fait le charme du jeu : les combats de boss ! Si dessouder le menu fretin n’est pas particulièrement passionnant, du fait de la linéarité des adversaires, ça en devient vite lassant, et on n’a qu’une hâte c’est d’arriver devant les assassins qui les dirigent. Et là on est plus que sous le charme. Les boss ont chacun leur particularité et leur caractère : un rappeur fou qui vous lance des missiles avec sa sono, un combat de Megazord dans Santa Destroy entre Travis et un footballeur avec ses pom-pom girls… On aime, on adore et on est content de voir qu’il existe un mode « match à mort » qui nous permettra de les défier à nouveau avec une difficulté augmentée.
En combat, vous aurez la possibilité de frapper avec des attaques basses ou hautes selon la position de votre Wiimote, vous pourrez faire des combos en mélangeant coups de sabre et coups de pieds et vous pourrez terminer vos adversaires avec une attaque ultime (selon votre positionnement et en effectuant le geste indiqué avec les manettes) qui peut se faire avec le sabre, du genre salto avant, ou bien en effectuant un « german souplex » ou autres prises de catch que vous aurez appris en feuilletant les magazines empilés dans l’armoire de Travis. Les combats sont parfois inégaux dans la difficulté, le premier boss pourra vous donner du fil à retordre, notamment lorsque vous chercherez à recharger votre sabre laser (en le secouant comme un taré dans une position très suggestive) d’autres ne seront qu’un parcours de santé. Le fait de pouvoir contrôler deux autres personnages appartenant au premier volet (les seuls que vous n’avez pas tué, en fait) agrémenteront le jeu de façon notoire, sans pour autant faire varier la tactique de combat. Un des moments fort du jeu sera quand Travis fera exploser toute sa rage, sa furie. En effet, en bas à droite de l’écran, vous pourrez voir un tigre. Il s’agit là en fait de la jauge de furie de M. Touchdown. Si le tigre est jaune et allongé, comprenez que vous êtes encore « calme ». Mais lorsque le tigre devient rouge et pousse des rugissements, alors pressez le bouton moins de la Wiimote et devenez un véritable tigre (si si, vous vous métamorphosez littéralement, pas besoin de manger des céréales) ou en une espèce de Flash Gordon qui se déplace cinq fois plus rapidement que ses ennemis. En fait, le véritable combat que vous devrez mener se trouvera être … la caméra ! Toujours aussi agaçante, elle viendra souvent vous enquiquiner au mauvais moment, malgré le bouton Z qui vous permettra de recentrer la caméra juste derrière Travis. C’est sans doute le plus gros point faible du jeu.

Côté graphisme, on doit noter une très nette amélioration par rapport au premier No More Heroes. Les personnages, les décors et les animations sont plus détaillés, mieux colorés. Le graphisme général est réellement rehaussé, mais pour ceux qui n’avaient pas joué au premier, on est clairement en dessous de ce qui peut se faire aujourd’hui, par rapport aux autres consoles. N’oublions pas que nous sommes sur la Wii. Mais même, comment peut-on encore justifier de ralentissement et d’un niveau d’aliasing record pour du graphisme en cell-shading. Certes, le concept de base fait la part belle au rétro, mais dans ce cas, on ne risque pas de convaincre un large public. C’est sans doute ce par quoi on peut conclure. No More Heroes 2 : Desperate Struggle n’est à réserver qu’à une certaine catégorie de joueurs, non pas parce qu’on peut le classer dans la catégorie des serious-games, mais plutôt parce qu’il est issu d’un développeur décalé, un peu fou, qui a voulu offrir quelque chose d’unique, sans pour autant donner l’impression que tous les moyens ont été mis en œuvre.
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